Poignée

En 206
Bronze, Doré = dorure
Vaisselle et ustensile de cuisine
L. 21.2 x l. 7.4 cm
M.C. 2000-7.A
Achat

L'oeuvre est constituée d'une mince feuille d'or martelée, ornée de pierres fines dont plusieurs turquoises. La plaque était placée sur une âme rigide, sans doute en cuir comme en témoignent des traces de matières organiques qui subsistent par endroits au revers de la pièce.
La forme, caractéristique des boucles de ceinture de l'époque des Han, présente un renflement à l'extrémité droite qui souligne la fente verticale qui permettait le passage du tissu. Le point de fixation de l'ardillon est bien visible. Une planche dessinée de la revue Wenwu (Sun Ji, 1994, n°1, p. 62) montre la manière dont la ceinture de tissu, attachée à l'une des boucles, était introduite dans la fente de la seconde boucle. Maintenu par l'ardillon, le tissu était replié une première fois dans l'autre sens, puis noué sur lui-même, l'extrémité retombant à la verticale.
De telles boucles ont été découvertes aussi bien dans le Hunan, le Xinjiang que dans la préfecture de Lelei, dans le nord de la Corée. Le décor de la boucle du musée Cernuschi se démarque cependant des autres plaques habituellement ornées de dragons, aux corps plus ou moins spiralés et entrelacés. Il représente un couple de félins. La femelle, à droite, se retourne afin de faire face à un mâle, reconnaissable à son ample crinière, bondissant, la patte droite levée soit pour un combat soit pour une parade amoureuse. L'espèce des fauves peut faire l'objet de discussions. Les stries verticales sur la robe évoquent des tigres, mais, dans une telle hypothèse, la crinière du mâle n'obéit à aucun souci naturaliste et ne peut s'expliquer que dans un contexte mythique ou purement décoratif.
Des spirales et d'autres animaux couvrent le reste de la surface de la boucle. On reconnait aussi un oiseau (?) en haut à gauche, un dragon (?) en haut à droite et deux serpents le long du bord droit. Tous ces motifs animaliers évoquent l'art des steppes, de tels thèmes exotiques étant à la mode à l'époque des Han à l'intérieur des frontières de l'Empire. D'autres pièces d'orfèvrerie exécutées en Chine étaient expédiées dans les contrées septentrionales et faisaient partie des objets précieux appréciés des princes Xiongnu ou d'autres chefs barbares.

Reference(s) : Gilles Béguin, Activités du musée Cernuschi, Arts asiatiques, 1995, t. 50, p. 119, 125-126.
Gilles Béguin, Arts de l'Asie au musée Cernuschi, Paris, Paris-Musées/ Findakly, 2000, p. 70-71, 204.
Art chinois, Musée Cernuschi, acquisitions 1993-2004, Paris Musées/Editions Findakly, 2005, p. 63-64.
Author of the record :