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Ceinture en bronze doré

Ceinture en bronze doré

Début du XIe siècle
Liaoning ou Mongolie-Intérieure
Bronze doré
H. des parties d'orfèvrerie: 0,075; H. avec tissus: 0,095; L. totale: 0,777; E.: 0,028
MC. 2004-12 a à i.

Le corps principal de cette ceinture est formé de quinze plaques décoratives accompagnées de leur anneau de serrage et de leur languette montées sur une lanière de cuir doublée d'un textile rehaussé de fils d'or. Autour de celui-ci s'organisent huit éléments secondaires: boucle, anneaux de serrage, plaques décoratives destinées aux lambrequins. Boucle et anneaux de serrage ont été réalisés en métal fondu et doré, les deux types d'accessoires sont néanmoins ornés de rinceaux d'un dessin différent. Les plaques décoratives, carrées, en forme de languette, oblongues ou en palmette sont en revanche exécutées en métal martelé et doré à la feuille semble-t-il; elles étaient à l'origine doublées d'un fond auquel elles étaient fixées par des rivets. Leur décor associe travail au perloir pour le fond, repoussé pour les motifs principaux et incision pour les détails. À l'exception des plaques oblongues et de celles en palmette ornées de fleurs de pivoine, toutes les autres sont ornées de brins de chrysanthème à fleur simple ou double.
Ce type de ceinture à lambrequins est un emprunt direct aux Turcs Tujue dont le Khanat s'étendait au nord de la Chine entre le VIe et le VIIIe siècle. le nom de cet accessoire en chinois (diexie: aller et venir) évoque sans doute le balancement des lanières de cuir auxquelles étaient à l'origine commodément suspendus divers objets de la vie quotidienne. Sous la dynastie des Liao, ce type de ceinture ne se rencontre qu'associée à des personnes, hommes ou femmes, inhumées dans la tradition kitan. Contrairement aux textes de la dynastie des Tang réglementant le nombre d'éléments et le matériau utilisé pour les ceintures rehaussées de plaques décoratives, l'Histoire officielle des Liao reste confuse.
Les plaques en palmette d'abord évidées afin de permettre la suspension d'objets encombrants, se remplirent peu à peu. Cette évolution est peut-être due à leur fonction décorative croissante. L'une des pièces les plus proches est la ceinture funéraire en argent rehaussée de plaques d'or du prince consort Xiao Shaoju, auquel son épouse survécut jusqu'en 1018, non seulement de par la conformation des plaques en palmette mais également de par le motif de fleurs de chrysanthème moulé puis incisé sur un fond poinçonné au perloir ornant les plaques en forme de languette. 

Auteur de la notice : Hélène Chollet
Collection : Dynastie des Liao (907-1125)
Mode d'acquisition : Don de M. et Mme Yves et Lotus Mahé et de Mme Eliane Whal, 2004
Référence(s)

Sun Ji, "Lun jinnian Nei Menggu chutu Tujue shi jin yin qi"(Les Objets en or et en argent de style Tujue exhumés ces dernières années en Mongolie-Intérieure, Wenwu, 1993, p.56-57
Gilles Béguin-Marie Laureillard, Chine: La gloire des empereurs Paris, Paris-Musées/Suilly-la Tour, Findakly, 2000p.105, n°105 , p.396-398, n°164
Nei Menggu zizhiqu wenwu kaogu yanjiusuo, Liao Chen guo gongzhu mu Tomb of the Princess of State Chen, Beijing, Wenwu chubanshe, 1993, pl.coul. 17 

Détail de ceinture en bronze doré, dynastie des Liao, © Philippe Joffre/Musée Cernuschi/Roger-Viollet
© Musée Cernuschi