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Immortels Han Xiangzi et He Xiangu

Immortels Han Xiangzi et He Xiangu

Zhang Lu
Vers 1490-vers 1563

Encre et couleurs sur soie
H.: 160 cm ; L.: 95 cm.
M.C. 4507

Né dans une famille de notables originaires de Kaifeng, au Henan, le peintre Zhang Lu s’est engagé dans la carrière administrative avant d’y renoncer pour se consacrer à la peinture en tant que professionnel. Il semble que ce tournant date de son séjour à Pékin, où les aspirations du jeune fonctionnaire ont été contrariées. Pendant ce temps passé dans la capitale, il se familiarise avec la peinture ayant la faveur de l’entourage impérial, et adopte un temps le style du peintre Wang E (actif de 1488 à 1501). C’est néanmoins l’œuvre de Wu Wei (1459-1509) qui devait exercer une influence décisive sur la manière de Zhang Lu. Les œuvres de sa maturité sont caractérisées par une facture libre, dérivée de ce maître. De son vivant, la renommée de Zhang Lu s’étendait à tout le Nord de la Chine. Néanmoins, les critiques émises par He Liangjun (1506-1573) et reprises par Dong Qichang (1555-1636), à l’égard des peintres regroupés sous le terme d’école de Zhe, condamnaient le style de peinture pratiqué par Zhang Lu. Ses œuvres, dévalorisées en Chine, furent en revanche recherchées par les collectionneurs japonais.

Des nombreuses peintures de Zhang Lu figurant des personnages du panthéon taoïste, la plus célèbre est sans doute la représentation de Lao Zi sur un buffle du musée du Palais de Taipei. Parallèlement à ces figures isolées, le peintre a souvent adopté un type de composition regroupant deux immortels. La peinture de Han Xiangzi et He Xiangu conservée au musée Cernuschi, correspond à cette formule. La physionomie légèrement anguleuse des personnages, le plissé acéré de leurs vêtements, sont rendus au moyen d’un pinceau enlevé bien caractéristique de la manière de Zhang Lu.

L’œuvre peut être rapprochée d’un ensemble de quatre peintures de Zhang Lu conservé à l’Académie des arts appliqués de Pékin. Ces peintures représentent les huit immortels regroupés deux par deux. Les figures de Han Xiangzi et He Xiangu, dissociées dans cette composition multiple, ont été réunies dans la peinture du musée Cernuschi. La posture du joueur de flûte est identique dans les deux œuvres, tandis que celle de l’immortelle He Xiangu a été modifiée pour se substituer au Cao Guojiu de la version de Pékin. En privilégiant le tamis de bambou comme attribut de He Xiangu et en représentant Han Xiangzi sous les traits d’un homme d’âge mûr, le peintre se conforme aux conventions de son temps. Cette iconographie devait évoluer à l’époque des Qing. 

Auteur de la notice : Eric Lefebvre
Collection : Dynastie des Ming (1368-1644)
Marques Inscriptions Poinçons : Signature: 平山 Pingshan
Mode d'acquisition : Legs Henri Cernuschi, 1896
Référence(s)

Eric Lefebvre, Six siècles de peinture chinoise, œuvres restaurées du Musée Cernuschi, Paris Musées, 2008, p. 22-23

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© Musée Cernuschi