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Paravent douze feuilles

Paravent douze feuilles

Époque Kangxi, fin XVIIe siècle
Dynastie des Qing (1644-1911)
Bois laqué, technique dite de Coromandel
H : 282 cm ; L feuille : 46 cm ; développement : 552 cm
M.C. 9808

À l'avers, sur le fond sombre et brillant, le décor principal consiste en scènes de palais, dont les perspectives sont scandées de quelques nuages, séparant et liant les scènes, comme souvent dans la peinture décorative d'Extrême-Orient.

Comme en peinture ou en calligraphie, la lecture se fait de droite à gauche : l'arrivée des émissaires, la réception d'audience centrale, et les jardins et appartements des femmes.

Indépendamment du rendu des arbres, pins et arbres à feuilles caduques, des rochers, des chevaux, des serviteurs, des superbes guerriers gardiens ou des lettrés en conversation avec, au centre, le maître du palais en majesté, on peut trouver quelques jolis détails : les musiciens d'accueil dans les pavillons hexagonaux de l'entrée, à droite la joueuse de guitare pipa et celle de flûte répondant à l'orchestre féminin de gauche sur la terrasse, avec flûte, tambour, clochettes et cymbales. Des serviteurs apportent des cadeaux enveloppés de soie ; dans le pavillon carré ouvert, la dame, eventée de ses servantes, fait un arrangement de fleurs ; plus haut, ce sont les dames à l'escarpolette. On voit quelques enfants : celui porté sur le dos de la dame - comme c'est encore la coutume dans les campagnes - se retourne pour admirer le tourniquet musical que lui tend un autre plus grand, tandis qu'au fond en haut un enfant se réfugie dans les bras de la grand-mère aux cheveux blancs, dame des lieux. Il y a aussi le décor, à droite comme à gauche, d'une pierre, résumé du monde, posée ici dans une vasque avec des pivoines en fleurs, signe du mois de mai, et dans la cour de droite avec la grue, symbole d'immortalité.

Cette scène de palais est ceinturée d'une large bordure qui constitue la 1ère et la 12ème feuilles en entier et s'allonge en haut et en bas des dix autres feuilles ; elle est constituée elle-même de quatre parties, de l'intérieur vers l'extérieur : un fin galon de grecques, une petite bordure de dragons stylisés, affrontés sur chaque feuille devant une fleur - encore une pivoine stylisée -, le véritable entourage d'objets et sur le bord, un large cerne de lignes géométriques, en fait, par feuille, deux dragons affrontés sur un médaillon.

La bordure principale s'attache aux objets du lettré, au sens large ou étroit : porte-pinceaux et rouleaux, carquois et flèches, champignon de longévité comme anumaix mythiques ou tortue de longévité et cigale des transmutations, ou encore jade bi cercle symbole du ciel et miroir. Tout lettré possède des vases archaïques et archaïsants : coupes tripodes jue, coupes gu, vases hu, tripodes ding, ou à quatre pieds fangding. On voit aussi des fleurs en de superbes arrangements en vases ou en corbeilles, de ce raffinement que codifiera le Japon dans son ikebana, on trouve même ces petits arbres en pot, les pencai que nous connaissons sous le nom japonais de bonzai, microcosme qui constitue un véritable résumé du monde.

Au revers, sur le fond sombre, se détachent de grands caractères or, avec des manques, ne livrant pas de dates, mais des noms et des titres militaires de donateurs : on y comprend que le paravent a été offert pour le centième anniversaire d'un général. D'ailleurs, sur l'avers, les drapeaux d'entrée du palais le confirment, tandis que la présence de deux pavillons hexagonaux flanquant l'entrée illustre peut-être un lieu réel, ce qui prouverait une commande spéciale et non la représentation idéale de ce sujet connu de palais que l'on commandait indifféremment aux artistes.

Auteur de la notice : Marie-Thérèse Bobot
Collection : Dynastie des Qing (1644-1911)
Mode d'acquisition : Don de la Société des Amis, 1988
Référence(s)

Marie Thérèse Bobot, Chine connue et inconnue, Paris Musées, 1992, p.9.

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Paravent
© Musée Cernuschi