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Peinture des mille automnes

Peinture des mille automnes

Gao Qipei 高其佩
1672 - 1734

Encre et couleurs sur papier
H.227cm L. 115,2cm
M.C. 4463

Inscription et signature 款識:千秋三永圖。鐵嶺且道人指頭生活。

Sceau du peintre 印:指頭生活(白文)

Cette œuvre monumentale illustre la technique de peinture au doigt à laquelle le nom de Gao Qipei est associé. Ce peintre appartenait à une famille chinoise originaire de Tieling 鐡嶺 en Mandchourie. Dans le contexte politique de la dynastie Qing, ces origines pouvaient favoriser une carrière officielle. Ce fût le cas de Gao Qipei, qui, à la suite de son père, devait servir en tant que fonctionnaire aussi bien dans les provinces, du Yunnan, du Zhejiang ou du Sichuan qu’à Pékin. Note 1 Introduit dans les milieux de cour, il devait s’y distinguer par ses talents de peintre, en particulier par ses réalisations au doigt, un genre de peinture mis à la mode par l’empereur Shunzhi  順治 (1638-1661).

La peinture présente en son centre un couple de cervidés. Ce motif de bon augure a été représenté par Gao Qipei a plusieurs reprises. Ainsi une œuvre de Gao Qipei de même sujet conservée au musée de la capitale à Pékin présente des analogies avec la composition de l’œuvre du musée Cernuschi. La représentation du cerf permet d’entrevoir les différentes techniques mises en œuvre par le peintre : trait de contour au doigt pour dégager la silhouette, empreintes digitales progressivement estompées pour la robe tachetée de l’animal, détails des cils et sourcils réalisés à la pointe de l’ongle.

L’attention portée au travail de l’encre de Gao Qipei a parfois occulté l’originalité de son utilisation des couleurs. Le traité de son petit-fils Gao Bing 高秉 signale pourtant le caractère peu conventionnel de l’usage des couleurs dans la peinture de son grand-père. Il note que le rouge, généralement utilisé avec légèreté, était appliqué en couches épaisses par Gao Qipei, qui se plaisait par ailleurs à appliquer le vert et le bleu en les superposant à de larges plages encrées. Par certains détails la peinture du musée Cernuschi est l’illustration exacte de ces propos : une chauve-souris d’un rouge profond se détache sous les branches des pins, tandis les champignons d’immortalités, tracés à l’encre, sont éclaboussés de vert et de bleu.

Cette utilisation de la couleur permet de souligner visuellement la présence de ces deux éléments essentiels à la signification de la peinture. En se référant aux milles automnes, le titre de cette œuvre est en soi une formule de souhait adaptée à un anniversaire. La longévité, shou, 壽 est évoquée par les champignons d’immortalités lingzhi, 靈芝 ainsi que par les pins. Le bonheur fu 福 fu, par la chauve souris fu蝠. Enfin les cervidés, lu 鹿 renvoient aux émoluments lu 祿. Réunis ils forment la triade fu, lu, shou, synthèse visuelle des vœux que l’on peut adresser à l’occasion d’un anniversaire. 

Auteur de la notice : Eric Lefebvre
Collection : Dynastie des Qing (1644-1911)
Mode d'acquisition : Legs Henri Cernuschi, 1896
Référence(s)

Bibl. Lefebvre 2008, p.82-83 ; Elisseeff 2010, p.267-268

  • Gao Qipei, Peinture des mille automnes © Musée Cernuschi/Roger-Viollet

Gao Qipei, Peinture des mille automnes © Musée Cernuschi/Roger-Viollet
© Musée Cernuschi