+ TOUS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS

DéCOUVREZ LES 14 MUSéES DE LA VILLE DE PARIS

» Fermer

Tête d’arhat

Tête d’arhat

Kasyapa (?)

Dynastie des Yuan (1279 – 1368)
Grès
H : 24 cm L : 16.5 cm P : 16.5 cm
M.C.9943

Cette tête expressive de moine âgé appartenait peut-être à une statue d'un des compagnons du Buddha Śākyamuni. Les mérites obtenus par l'audition des prêches du Bienheureux ont permis à ses proches disciples d'atteindre l'Éveil. Chargés d'enseigner aux créatures la doctrine bouddhique durant toute la période cosmique présente jusqu'à la venue de Maitreya, le buddha des temps futurs, ils sont l'objet de vénérations et reçoivent un culte spécial. De seize dans la tradition indienne, leur nombre sera porté à dix-huit en Extrême-Orient. Ce cycle, à l'origine centré sur Pindola Bhāradvāja, semble avoir été composé dans des communautés mahāyāna de Ceylan, minoritaires dans cette île majoritairement theravādin.

Plus vraisemblablement, la tête du musée Cernuschi a pu appartenir à une statue d'un des deux compagnons qui entourent traditionnellement Śākyamuni.

En Chine, dans les sanctuaires des diverses traditions du Mahāyāna, le juvénile Ānanda (Anan) et le viellard Mahākāśyapa (Mohejiaiye) flanquent ces statues. Dans les nombreux temples lamaïques de Chine du Nord, ces rôles sont dévolus à deux autres disciples, Śāriputra et Maudgalyāyana.

Dans la littérature du Mahāyāna, plusieurs personnages portent le nom de Kāśyapa, qui littéralement signifie "qui appartient à la lignée des Kāśi". Ainsi, peu après son premier sermon à Sārnāth, Śākyamuni convertit les "Trois Kāśyapa" (Kāśyapa d'Uruvilvā et ses cadets Nadī Kāśyapa et Gaya Kāśyapa) et leurs nombreux disciples. Ces ascètes sont dits "portant chignon" (jatila) et sont d'ardents sectateurs d'Agni, le dieu védique du feu.

Daśabala Kāśyapa quant à lui convertit Ānanda, le cousin du Bouddha, à la doctrine nouvelle. Pūraṇa Kāśyapa était un ascète hétérodoxe qui, dans les enfers, se convertit alors qu'il était visité par Śāriputra et Maudgalyāyana.

Autre personnage de l'entourage immédiat de Śākyamuni, Mahākāśyapa, avant sa conversion, vivait dans la plus profonde austérité. Ainsi, il resta chaste avec l'épouse que sa famille lui avait assignée et avec l'assentiment de la jeune femme. Après avoir rejoint la communauté, un jour le Bouddha le fit asseoir à sa place, présageant le rôle éminent qui lui incomberait après sa disparition. Des années plus tard, ayant rejoint la communauté entourant Śākyamuni sur son bûcher funéraire, celui-ci s'enflamma spontanément en sa présence. Ses dissenssions avec Ānanda aboutirent au premier concile de Rājagṛha (vers 477 av. J.-C.). A la fin de sa vie, le saint homme se rendit à la Montagne du coq qui se referma sur lui, interdisant au roi Ajātaśatru et à Ānanda de lui rendre un dernier hommage.

La nouvelle tête du musée Cernuschi, au faciès sévère, possède les pomettes saillantes et les sourcils épais que l'on trouve habituellement sur les représentations de Mahākāśyapa. Bien que perpétuant une esthétique des VIIe et VIIIe siècles, période qui voit l'apogée des Tang (618-907), cette tête, par sa facture appliquée bien qu'expressive, doit être située plus tard, sans doute à l'époque des Yuan (1279-1368).

Auteur de la notice : Gilles Béguin
Collection : Dynastie des Yuan (1279-1368)
Mode d'acquisition : Don de Josette et Théo Schulmann, 1997.
Référence(s)

Art chinois, Musée Cernuschi, acquisitions 1993-2004, Paris Musées/Editions Findakly, 2005, p.133-134.

Gilles Béguin, Activités du musée Cernuschi, Arts asiatiques, 1998,t.53,  p.87.

  • Tête d’arhat

Tête d’arhat
© Musée Cernuschi