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Vase jue

Vase jue

Daté 1293
Bronze
H. 23 x L. 18,5 cm
MC 653

Inscription gravée sous le bec : 至元三十年癸已李淦銘吴郡学祭器  [« L’an guisi, trentième de l’ère Zhiyuan, Li Gan a inscrit ce vase rituel pour l’école de Wujun »]

 

Ce vase  jue porte une inscription qui attribue sa fabrication à Li Gan pour le collège de Wujun. Sous les Tang, Wujun désignait ce qui, sous les Song et les Yuan, devint le district de Pingjiang (Pijiangfu, puis Pijianglu) – c’est-à-dire un district de Suzhou. Le gobelet jue du musée Cernuschi pourrait donc appartenir à la commande citée dans le Guo chao wen lei 国朝文类 (Catalogue des documents de notre dynastie), compilé par Su Tianjue 蘇天爵 (1294-1352).

 

Au lieu d’imiter fidèlement des vases antiques, le décor de ce jue s’inspire de motifs qu’il reprend avec une certaine liberté ; le décor entourant la panse se retrouve sur une cloche ayant appartenu aux shoguns Tokugawa (Nagoya, musée d’art Tokugawa), ainsi que sur quelques vases de fabrication japonaise. En général, on lui attribue comme datation la dynastie des Ming. Enfin, dans la collection Cernuschi, une bouteille portant le même décor paraît de fabrication tardive et peut-être japonaise. Manifestement, ce décor était bien connu au Japon – en raison de l’existence de la cloche de la collection des Tokugawa – et parfois copié.

 

Cette similitude ornementale pourrait donc inciter à considérer ce jue comme un faux ou un pastiche. Cependant, j’ai publié autrefois ce bronze en tant que vase authentique, datant de la dynastie des Yuan, et je maintiens cette attribution. L’inscription, gravée sous le bec verseur, est tout à fait conforme en style et en technique à certaines inscriptions sur métal faites à l’époque des Yuan. La couleur brune du métal, tirant sur le jaune, s’observe également sur des bronzes de cette période qui ne cherchent pas à passer pour antiques. Enfin, sa forme, avec des pieds presque droits, est similaire à celle des  jue  mis au jour dans des fouilles en Chine ou sur le site de l’épave retrouvée à Sinan, au large de la Corée. Cette forme est assez proche de celle des jue antiques. Toutefois, les vases antiques, réalisés à l’aide de moules assemblés, possèdent d’ordinaire deux pieds inscrits dans un même alignement, qui correspond à une ligne de jointure entre deux moules ; en général, cela n’est pas le cas des vases plus tardifs tels que celui-ci, qui sont fabriqués selon la technique de la fonte à la cire perdue.

Auteur de la notice : Michel Maucuer
Collection : Dynastie des Yuan (1279-1368)
Mode d'acquisition : Legs Henri Cernuschi, 1896
Référence(s)

Michel Maucuer, Bronzes de la Chine impériale des Song au Qing, Paris Musées, 2013, p. 32-33


© Musée Cernuschi