Paysage

Li, Liufang 李流芳

Entre 1614
Papier, Encre
Peinture
H. 17.5 x l. 50 cm
李流芳; 李流芳印; 爾疋; 爾; 雅
M.C. 2007-7

Inscription :
A. Li Liufang
En l’an Jiayin [1614], au printemps, Li Liufang.
B. Deng Erya
Sur cet éventail, les traits du pinceau sont d’une concision antique, l’encre y  est économisée comme de l’or. L’esprit d’un lettré en émane, l’œuvre est de classe divine. Erya.

Li Liufang est connu à la fois en tant que peintre et poète. Pendant la première période de sa vie, il aspira à la carrière de fonctionnaire et accéda au rang de juren en 1606. À la suite d’échecs répétés au concours de doctorat, il renonça définitivement à ses ambitions et se retira dans les environs de Jiading, sa ville natale, en 1622. Son œuvre poétique fut publiée en 1629 sous le titre de Tanyuan ji, du nom de la résidence où il passa la fin de sa vie.
Les œuvres datées de la décennie qui précèdent cette retraite volontaire témoignent déjà d’un style très personnel, dont le caractère dépouillé est parfois attribué à l’influence de Ni Zan (1301-1374). Cette impression est néanmoins suscitée par une technique picturale très différente de celle du maître des Yuan. Dans le cas de l’éventail du musée Cernuschi, les séries de petites touches disjointes laissent entrevoir un paysage à la limite de la dissolution des formes. Cet art du pinceau se prête tout particulièrement à la description du feuillage des saules, dont la présence au centre de la composition constitue la signature stylistique de Li Liufang. Cette peinture préfigure un éventail du musée de Nankin daté de 1620, dont la composition est extrêmement proche, à l’exception du trait qui est plus affirmé.
À droite de la signature, un colophon a été écrit par le calligraphe et collectionneur Deng Erya (1884-1954). Ce dernier, qui souligne l’étonnante économie de moyens du peintre, conclut ce commentaire en classant l’éventail parmi les œuvres de catégorie suprême, shen pin.

Référence(s) : Lefebvre, Eric, "Activités du musée Cernuschi", Arts Asiatiques, 2008
Reubi, François, "Le Pinceau des lettrés, peintures chinoises de la collection du professeur Francois Reubi", Genève, musée des arts d'Extrême-Orient, Collections Baur n°56, automne-hiver 1993, p.7-50