Animal horaire à tête de dragon

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Terre cuite, Moulage = moulé, Couleurs - Pigments
Statuette, Mingqi
H. 22.6 x l. 11.5 x P. 7.3 cm
M.C. 9856

Musée Cernuschi, 5ème niveau (Mezzanine), salle Tang, vitrine 8

Douze animaux horaires commandent les heures du jour (autrefois, dans une journée, les Chinois ne comptaient que douze heures, une heure étant équivalente à deux heures occidentales) comme les années. En rapport avec les douze branches terrestres, ces shengxiao sont régis par un cycle de douze ans.
Les animaux se succèdent ainsi : le rat, le bœuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, le mouton, le singe, le coq, le chien et enfin le cochon.
Ces notions sont connues dès les Han, mais leurs représentations n'apparaissent vraiment qu'avec les Six Dynasties et sont fréquentes dans les statuettes funéraires des Sui et des Tang, soitaux  VIe-IXe siècles. Elles se présentent sous la forme de personnages humains, debout ou assis sur les talons, dont la tête est remplacée par la tête de l’animal.
Les pièces sont en général assez frustes. De taille moyenne, nos figures gardent une grande qualité de traitement et d'expression. Le fort modelé synthétique d'un corps debout et massif s'allie à la finesse d'une tête délicatement modelée, toutes caractéristiques du style des Six Dynasties.
De tels ensembles complets sont rarement trouvés en fouilles, les pièces ayant souvent été cassées dans la tombe. Le musée Cernuschi en possède cinq : le tigre, expressif avec son mufle aplati et piqueté de félin, car le chien dont il aurait pu aussi être l'image est en général à ces époques représenté avec le museau allongé du lévrier ; le dragon tel que l'on retrouvera encore dans les bronzes du Japon tardif de Edo ; le serpent, à l'étonnant mouvement de cou qui lui donne un port altier ; le singe, dont le visage est aussi présent et vivant qu'un portrait réel, et le coq, à la crête arrogante.

Référence(s) : Marie-Thérèse Bobot, Chine connue et inconnue : Dix années d'acquisitions au musée Cernuschi, Paris, Paris-Musées 1992, p.134-137.
Gilles Béguin, Le petit peuple des tombes, Paris-Musées, 2010, p.54-55.