Deux oiseaux verts sur un magnolia

Yu, Fei'an 于非闇

Entre 1947
Papier, Encre, Couleurs - Pigments
Peinture
H. 89.1 x l. 46.2 x H. 254.5 x l. 59.2 x L. 68.5 cm
非闇; 非厂居士; 于照之印
M.C. 8730
Don

Inscription : 丁亥閏月假寓飬雲軒樂夀堂玉蘭辛夷怒放,因憶予友林君滬濵園林有二喬一本玉蘭辛夷萃興一樹非接木蓋異品也。爰製此圖聊以誌異,海棠耀目丁香滿庭。非闇并記。
Traduction : Pendant le mois supplémentaire de l’année Dinghai [1947], je séjournais au Wanyangyun xuan. Devant le Leshou tang il y avait un magnolia xinyi en pleine floraison. Alors, je me suis souvenu de mon ami le sieur Lin qui, dans son jardin sur les bords de la Hu, avait un magnolia xinyi composé de deux troncs pour une souche unis comme un seul arbre, et ce sans greffe. C’était une chose extraordinaire. Alors j’ai réalisé cette peinture, pour consigner ce fait hors du commun. Le pommier sauvage éblouit les yeux [le parfum] du lilas emplit la cour. [Peint] et inscrit par Fei’an.
Sceaux du peintre :  1. 非厂居士 (朱文)  2. 于照之印
Yu Zhao 于照 , connu sous le nom de Yu Fei’an, est né à Pékin. Dans sa jeunesse, il se forme à la peinture auprès de Wang Runxuan 王润暄 , un artiste populaire. Journaliste et professeur, il enseigne la peinture et la calligraphie dans diverses institutions académiques de Pékin de l’entre-deux-guerres. À partir de 1935, il travaille au sein du bureau des expositions dans la Cité interdite. Dès lors, il entreprend des recherches sur la peinture ancienne et copie les œuvres des maîtres conservées dans les collections du nouveau musée, ouvert au public depuis 1931. Cet accès aux peintures anciennes coïncide avec un tournant décisif dans son œuvre : à partir de 1935, il se consacre de manière exclusive au genre de la peinture de fleurs et d’oiseaux dans le style soigné gongbi. À la suite de sa première exposition personnelle en 1936, il s’impose rapidement comme l’un des maîtres de ce genre. Après 1949, il occupe des positions importantes au sein de l’association pour la recherche sur la peinture chinoise et de l’Académie de peinture de Pékin.
De l’avis de Yu Fei’an, ses recherches dans le domaine des fleurs et oiseaux peuvent être divisés en trois moments principaux. La première période est dominée par les modèles anciens, en particulier les maîtres Song et Yuan ainsi que Chen Hongshou. Dans un second temps, son intérêt se serait cristallisé de manière exclusive sur les peintures de l’empereur Huizong des Song, ainsi que sur sa calligraphie dans le style de « l’or élancé », shoujin 瘦金 . Enfin, l’étude directe de la nature lui aurait permis de compléter son étude historique par une approche empirique. Ses écrits, en particulier son important traité consacré aux couleurs dans la peinture chinoise, démontrent par ailleurs une connaissance profonde des traditions de la peinture populaire.
Deux oiseaux verts sur un magnolia est datée de la maturité de l’artiste. Au-delà des références à la peinture ancienne, sensibles dans la mise en page, l’œuvre est présentée par Yu Fei’an come le résultat d’une observation directe d’un arbre en fleurs. Les termes de l’inscription trahissent l’intérêt du peintre pour la botanique. Les couleurs contrastées sont appliquées avec une grande délicatesse dans les nuances qui témoignent des recherches du peintre sur la couleur.

Reference(s) : Marie-Thérèse Bobot, Musée Cernuschi: collection des peintures et calligraphies chinoises contemporaines, collection du musée Cernuschi, Alençon : Imprimerie alençonnaise, 1985
Author of the record :
LPDP_40590-4
Zoom
1/1