Après la pluie

Ding, Yanyong 丁衍鏞

Entre 1940 et 1950
Papier, Encre, Couleurs - Pigments
Peinture
H. 134.8 x l. 45.4 cm
丁衍鏞
M.C. 9791
Achat en vente publique

Ding Yanyong est né dans la province de Canton. Envoyé comme étudiant au Japon en 1920, il entre à l’École des beaux-arts de Tōkyō l’année suivante. Il y fait l’apprentissage du dessin et de la peinture à l’huile, et se familiarise avec l’œuvre des peintres du fauvisme qui exercent alors une influence significative sur une partie de la scène artistique japonaise. Cette découverte devait marquer durablement Ding Yanyong, tant au plan de sa palette que de son usage expressif de la ligne. De retour en Chine vers le milieu des années 1920, il s’installe à Shanghai où il enseigne la peinture occidentale. Il se rapproche à cette époque de modernistes comme Guan Liang (1900-1986). De 1928 à 1932, il séjourne à Canton : sa pratique de la peinture chinoise date de cette époque. Dans les années qui précèdent la guerre, il est à nouveau actif à Shanghai. Pendant la période du conflit, il gagne Canton, avant de se réfugier au Sichuan en 1941. En 1949, il quitte la Chine et se fixe à Hong Kong où il enseigne tout en continuant de pratiquer en parallèle les techniques picturales chinoises et occidentales, «animant sa double démarche d’une même impulsion spirituelle, d’un même rythme formel».
Après la pluie est un exemple du travail à l’encre de Ding Yanyong dans les années 1940. Ses références sont à chercher chez les grands maîtres du passé, comme Zhu Da, pour l’expressivité de ses figures animalières, ou Xu Wei, auquel il pourrait avoir emprunté le tracé puissant des feuilles de bananier. Mais il existe également une parenté avec l’œuvre de son aîné et contemporain Qi Baishi, visible dans le traitement cocasse des grenouilles. La fleur de bananier, qui s’impose au cœur de la composition par son rouge éclatant, rappelle la palette des œuvres « fauvistes » de Ding Yanyong, même si des peintres comme Qi Baishi, qui n’ont pas été exposés aux mêmes influences que Ding Yanyong, ménagent des effets colorés comparables dans leurs compositions. Le sujet des grenouilles dialoguant autour d’un bananier a été repris par le peintre dans les dernières années de sa vie. Dans ces œuvres, l’humour contenu de la peinture du musée Cernuschi cède la place à une verve comique, caractéristique de l’artiste.

Référence(s) : Marie-Thérèse Bobot, Chine connue et inconnue, dix années d'acquisitions au musée Cernuschi, 1982-1992, Paris, Paris-Musées, 1992
Vadime Elisseeff,  Exposition de peintures chinoises contemporaines, Paris, Musée Cernuschi, 1946
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