La Pie

Qi, Baishi 齊白石

Entre 1930 et 1940
Papier, Encre, Couleurs - Pigments
Peinture
H. 131.8 x l. 33.5 cm
白石翁
M.C. 2002-2
Don manuel, Société des Amis du musée Cernuschi

Parmi les différents genres pratiqués par Qi Baishi, la peinture de fleurs et oiseaux occupe une place singulière. Ce genre pratiqué de manière continue pendant près de soixante-dix ans de création picturale permet d'illustrer les différents renouvellements du style de l'artiste. Ainsi au tournant du siècle, la facture minutieuse des oiseaux et insectes, héritage de sa formation artisanale et de l'enseignement de Hu Zizhuo (Hu Qinyuan), cède la place aux expérimentations inspirées de Badashanren (1626-1705). Dans les années 20, la peinture de fleurs et d'oiseaux va être le lieu de formation d'un style personnel , aujourd'hui considéré comme le plus représentatif de l'artiste.
La pie appartient à cette période inaugurée à la fin des années vingt et qui va se poursuivre dans les années trente. Le sujet est de nature bénéfique en raison d'une homophonie entre le caractère xi (pie) et le caractère xi (bonheur). Comme le suggère le poème qui accompagne la peinture, l'oiseau est réprésenté dans l'instant qui précède l'envol.
Le rapprochement entre la peinture du musée Cernuschi et une peinture de sujet et de composition analogue datée des dernières années du XIXe siècle permet de mesurer l'originalité des années de vieillesse de l'artiste. Le déploiement de la calligraphie sur toute la hauteur de la composition instaure un rapport d'échelle favorable aux correspondances stylistiques entre écriture et peinture. Ainsi le tracé sec des branches entremêlées est en accord avec le tracé chargé d'énergie des caractères. Par ailleurs, si la composition repose sur une opposition de couleurs - contraste du noir et blanc du plumage de l'oiseau, du noir et du rouge au niveau des feuilles - cette opposition ménage une part d'harmonie en mêlant du rouge au gris au niveau des branches et du gris au rouge à la frange des feuilles.

Référence(s) : Gilles Béguin (dir.), Art chinois, Musée cernuschi, acquisitions 1993-2004, Paris Musées/ Findakly, 2005, p. 144-145
Eric Lefebvre, Six siècles de peintures chinoises, œuvres restaurées du musée Cernuschi, Paris Musées 2009, p. 132-133
Eric Lefebvre, Art chinois à Paris, Paris-Musées, 2011, p. 26,50, 52, 118
Xu Gai, Qi Baishi, Hebei jiaoyu chubanshe, 2000 (Zhongguo minghuajia quanji) p. 28
Gilles Béguin, Activités du musée Cernuschi, Arts asiatiques, 2003, t.58, p. 124
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