Découvrez la programmation d'art vidéo du musée Cernuschi du 20 au 25 octobre 2020, consacrée pour cette 4e édition aux rapports complexes entre l'Homme et la nature.

MUSÉE CERNUSCHI
Auditorium
7 avenue Vélasquez, Paris 8e

BILLETTERIE
Accès libre et gratuit dans la limite des places disponibles et dans le respect des distances sanitaires conseillées. Masque obligatoire.

NATURA NATURATA

L’année 2020, avec son cortège de catastrophes naturelles, de zoonoses et de contraintes sanitaires, a rappelé avec une certaine cruauté l’interdépendance de l’humanité et du milieu dans lequel celle-ci évolue. Pour sa quatrième édition, organisée en partenariat avec ASIA NOW et la Société des amis du musée Cernuschi, le programme « Cernuschi art vidéo » est consacré à ces rapports complexes, contrariés, mais aussi parfois fantasmés, entre l’Homme et la nature.

Une sélection de vidéos, créées par des artistes chinois, coréens, japonais ou vietnamiens, aborde ces relations au moyen de formes variées, poétiques ou documentaires. Les modalités et les conséquences d’une appropriation artistique, symbolique, économique et technique des territoires sont ainsi successivement décrites au moyen de performances filmées, d’images prises sur des sites spécifiques ou à travers le regard de la faune. Les animaux constituent en effet un sujet et un objet privilégié des vidéastes qui s’intéressent à ce type de questions. Ils sont à la fois les victimes potentielles et les témoins des effets de l’anthropisation toujours plus avancée du monde. Les œuvres présentées invitent ainsi à une réévaluation des effets et du sens des actions humaines.

Programmation :

 

- Zhuang Hui (né en 1963), Qilian Range-04, 2014, 10 min. 23

  Sur une proposition de Victoria Jonathan (Doors 门艺)

En 2006, Zhuang Hui souhaite s’abstraire des problématiques sociales qu’il traitait habituellement. S’inspirant du comportement des lettrés chinois, il choisit de se réfugier dans la nature. Il noue alors un lien avec le paysage de son enfance au moyen de multiples œuvres. Dans cette vidéo, il se positionne à la fois en créateur et copiste de ce panorama, dans un dispositif rappelant délibérément ce que la perception artistique de la nature en Chine doit dorénavant à la culture occidentale.

> Séances à 10h15, 11h30, 12h45, 14h, 15h15, 16h30

 

- Chen Qiulin (née en 1975), Poème d’adieu, 2002, 10 min. 43

  Sur une proposition de Victoria Jonathan (Doors 门艺)

 

La création du barrage des Trois gorges a nécessité le déplacement de plus d’un million de personnes ainsi que la destruction et la reconstruction de plus d’une dizaine de villes. Chen Qiulin, originaire d’une de ces cités, a documenté ce processus dans plusieurs vidéos. La première d’entre elles, par le truchement d’un célèbre opéra mettant en scène la séparation définitive entre un roi et sa concubine, constitue un adieu symbolique à l’environnement qu’elle a connu.

> Séances à 10h25, 11h40, 12h55, 14h10, 15h25, 16h40

 

- Kentaro Taki (né en 1973), Kannawa, 2009, 6 min. 08

 

Kentaro Taki documente le déclin d’une ville touristique dont l’essentiel de l’économie repose sur l’exploitation de sources chaudes, mais dont les établissements se voient concurrencés par d’autres institutions thermales. Dans un brouillard de vapeur, qui contribue à conférer un aspect fantomatique à cette ville, le vidéaste traque les signes de désaffection du public, de déréliction sociale et d’obsolescence de nombreux équipements devenus inutiles.

> Séances à 10h40, 11h55, 13h10, 14h25, 15h40, 16h55

 

- Chan Kai-yuen (né en 1948), Un regard sur la 9ème symphonie, 2009, 4 min. 13

 

Chan Kai-yuen a, depuis les années 1980, adopté le poulet comme élément de base de son vocabulaire plastique, dans une démarche qui tient autant de l’art conceptuel que de la provocation dadaïste. Ce volatile, créé par l’humanité au terme d’un processus de domestication, est chez lui un cadavre qui mime la vie des hommes et des femmes. La tension entre cette dimension morbide et l’illusion anthropomorphique souligne la fragilité de la vie et l’absurdité crue du monde social.

> Séances à 10h50, 12h05, 13h20, 14h35, 15h50, 17h05

 

- Yang-Ah Ham (née en 1968), Birds’ eye view, 2008, 10 min. 04

 

Dans le cadre d’une exposition organisée dans l’ancienne gare de Séoul, Yang-Ah Ham a filmé en 2008 les nouveaux occupants du bâtiment : des pigeons. Le passage d’une vue objective à une vue subjective symbolise pour l’artiste la disjonction entre la vie collective et la vie individuelle. Les oiseaux apparaissent en effet dans cette œuvre comme une métaphore des êtres humains formés et contrôlés par et pour la vie en société.

> Séances à 10h55, 12h10, 13h25, 14h40, 15h55, 17h10

 

- Akino Kondoh (née en 1980), Ladybirds’ requiem, 2005-2006, 5 min. 38

  Music copyright © Chiku Toshiaka, courtesy of the artist and Mizuma Art Gallery (Tōkyō)

 

Dans la veine intimiste et onirique qui lui est propre, Akino Kondoh décrit, au moyen d’images animées, la réaction de culpabilité d’une jeune fille qui tue deux coccinelles. Rongée par le remords, elle est sujette à des hallucinations, qu’elle essaye de contrôler par une activité de couture compulsive. Afin d’apaiser cette angoisse et cet affaissement moral, elle est conduite à une fracturation de son esprit en plusieurs entités.

> Séances à 11h05, 12h20, 13h35, 14h50, 16h05, 17h20

 

- Nguyen Phuong Linh (née en 1985), Memory of the blind elephant, 2016, 14 min. 25

 

Nguyen Phuong Linh filme des plantations de caoutchouc implantées pendant l’époque coloniale dans le territoire de minorités ethniques du Vietnam. Elle documente par petites touches la vie quotidienne dans ces régions bouleversées écologiquement et socialement par l’exploitation de cette ressource. Elle privilégie à cette fin une approche sensible, presque picturale, du territoire par la focalisation de l’attention sur les textures et les couleurs.

> Séances à 11h15, 12h30, 13h45, 15h, 16h15, 17h30

 

 

Partenaires :

ASIA NOW

www.asianowparis.com

Société des amis du musée Cernuschi

www.amis-musee-cernuschi.org

 

 

Exposition à l'abbaye de Jumièges

Des oeuvres des artistes Zhuang Hui et Chen Qiulin sont visibles dans l'exposition Les Flots écoulés ne reviennent pas à la source, à l'abbaye de Jumièges, du 15 juillet au 29 novembre 2020.
© Chen Qiulin, Untitled n°3 (2005)