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Donation Lee Ungno

Donation Lee Ungno

Ungno LEE
1904 (Corée) - 1989 (France)

Encre et couleurs sur papier
71,6 x 46,5 cm
MC 2013- 37, 39, 49, 66
Date d'acquisition: 26 novembre 2013

Lee Ungno, né en 1904 en Corée, s’adonne très tôt à la peinture et remporte ses premiers succès dès les années 1920. Ce n’est qu’à partir des années 1940 que son œuvre connaît une évolution notable vers des tendances modernistes. En 1960, il part s’installer en France. Il y passe l’essentiel de son temps et y meurt en 1989, au terme d’une carrière qui justifie aujourd’hui son statut de pionnier de l’art coréen contemporain et qui le lie définitivement à l’histoire des collections du musée Cernuschi (voir la section Arts graphiques de Corée).

Lee Ungno est un artiste très polyvalent. En effet, les grandes tendances dominantes de son style se modifient tous les dix ans. Dans les années 1950, l’accent mis sur la liberté calligraphique de ses coups de pinceau l’amène à produire des œuvres proches visuellement de l’art informel ; les sujets disparaissant derrière une surface recouverte de lignes vigoureuses et de tâches de couleurs. A son arrivée à Paris, il poursuit ses recherches sur l’expressivité et le all-over par le collage dense de papiers froissés issus de magazines. Cet abandon d’un art traditionnel pour des formes abstraites fait de lui l’un des peintres asiatiques les plus importants du XXème siècle.

Parallèlement, son intérêt pour la calligraphie l’amène à reconstituer des idéogrammes imaginaires. Ils vont former le vocabulaire de base de son travail jusqu’à la fin des années 1970. L’aspect infiniment moderne de ces œuvres reste ainsi sous-tendu par l’importance d’un rapport pictural à l’écriture extrême-oriental. Caractéristique qui se définit notamment dans l’utilisation de signes plastiques arbitraires dont le rapport à d’hypothétiques référents est volontairement ambigu.

A la fin des années 1970, son vocabulaire change à nouveau au profit d’un retour à l’encre monochrome sur papier. Le motif le plus courant de ses peintures devient alors la représentation d’êtres humains dont la répétition forme de gigantesques foules, à mi-chemin d’une composition calligraphique abstraite et d’une sarabande humaniste qui reflète ses idéaux progressistes. Ces foules sont ainsi perçues comme le symbole de la démocratie naissante en Corée du Sud. Ce retour aux techniques ancestrales de la peinture coréenne s’accompagne également d’un renouveau chez lui des sujets traditionnels, notamment de la peinture de paysage.

Collection : Arts graphiques
Mode d'acquisition : Donation Lee Inkyung
Référence(s)

Christine Shimizu, Activités du musée Cernuschi, Arts asiatiques, 2014, t.69,  p.163-172.


Lee Ungno (1904-1989) Composition © Stéphane Piera / Musée Cernuschi / Roger-Viollet
© Musée Cernuschi