Karma

Shim, Kyung-Ja 심 경자 (沈 敬子)

En 2002
Papier, Encre
Peinture
H. 131.5 x D. 163.5 cm
M.C. 2016-41
Don

Shim Kyung-Ja a renouvelé en profondeur la tradition de la peinture à l'encre grâce à des innovations techniques et à son vocabulaire abstrait.

Shim Kyung-Ja (née en 1944) effectue ses études entre 1962 et 1968 au sein du département de peinture orientale de l’université des femmes Soodo, devenue aujourd’hui l’université Sejong. Elle y rencontre et y devient l’élève de Kim Ki-Chang (1913-2001), principal continuateur et réformateur coréen de la peinture à l’encre au XXe siècle. Fidèle à l’enseignement de son maître, les premières œuvres qu’elle présente au début des années 1970 s’inscrivent partiellement dans le cadre technique et théorique d’une tradition artistique autochtone. Elles témoignent cependant de recherches plastiques en rupture avec cette histoire.
Shim Kyung-Ja met en place dès cette période un processus créatif original et inédit. La première étape consiste en de longues pérégrinations en extérieur avec des papiers ainsi que des encres noires et des couleurs. Au moyen de la technique séculaire de l’estampage, c’est-à-dire d’une prise d’empreinte par apposition sur un relief d’un papier ensuite frotté d’encre, Shim Kyung-Ja  constitue un répertoire de textures et de motifs récolté sur de multiples surfaces naturelles ou artificielles. Elle entasse ces feuilles chez elle au fur et à mesure de ses balades, puis, lors de la réalisation d’une œuvre, les passe en revue, les déchire pour isoler et coller sur son support les parties qui lui semblent utiles à sa composition, par ailleurs complétée au pinceau.
À partir du courant des années 1980, celle-ci devient plus lisible. D’une part, les couleurs perdent en intensité. D’autre part, les multiples collages, auparavant superposés en unités autonomes ou éparpillés sur la totalité de la surface de l’œuvre, sont dorénavant agglomérés en masses solides. La séparation nette entre un premier plan et un arrière-plan, alliée au goût pour des structures partiellement symétriques ou pour des motifs centraux circulaires, induit une perception cosmologique des compositions. Celle-ci est renforcée par des références récurrentes à des traditions paysagères, matérialisées notamment par des lignes d’horizon et des profils montagneux.

Référence(s) :
Auteur du fichier : Mael Bellec
LPDP_144390-4
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