Dans le cadre d’un été dédié à l’art chinois, le musée Cernuschi expose une sélection d'objets de ses collections sur le thème de l'art équestre. Cette exposition Focus a été labellisée "Olympiade culturelle" et se tient dans le cadre des festivités organisées par la Ville de Paris pour les Jeux Olympiques 2024.

Salle du Bouddha
Musée Cernuschi
7 avenue Vélasquez, 75008 Paris

Accès gratuit dans les collections permanentes

Cette exposition gratuite, conçue à partir de 17 objets appartenant aux collections du musée Cernuschi, se déroule au sein du parcours des collections permanentes. Elle met en lumière les différentes facettes de la pratique de l’équitation en Chine, essentiellement entre le IIe siècle avant notre ère et le VIIIe siècle. Deux œuvres postérieures témoignent de la pérennité du thème du cheval jusqu’à l’époque contemporaine.

Les œuvres sélectionnées évoquent l'importance de l'équitation tant dans les activités militaires (cavalerie), que récréatives (arts du spectacle), sportives (jeu de polo) ou encore en tant que marqueur de prestige social (cortèges funéraires). Le thème du cheval qui traversa, durant plus d'un millénaire, aussi bien la sculpture, que la peinture ou encore la poésie permet également d'appréhender les échanges culturels incessants entre « L’Empire du milieu » et ses voisins d'Asie Centrale ou des steppes septentrionales.

Le cheval dans la Chine impériale
Les chevaux font partie des animaux les plus représentés dans le bestiaire des arts de la Chine impériale. Des Han (206 av. J.-C.-220) aux Tang (618-907), puis à nouveau sous les Ming, les tombes en ont contenu de multiples représentations, avec ou sans cavalier. Ces œuvres attestent de l’attrait qu’ont exercé ces montures sur un pays qui, faute de pâtures en nombre suffisant, n’en a que rarement développé l’élevage à grande échelle, hormis pendant la première moitié de la dynastie Tang. Elles témoignent également de l’ouverture sur l’Asie centrale de la Chine qui, pour faire pièce aux attaques des nomades sur ses frontières, a très souvent cherché à se procurer des chevaux en provenance de cette région.

Usage militaire et rituels funéraires
Leur usage militaire ou utilitaire ne saurait toutefois résumer l’intérêt qu’ils suscitaient. Ces animaux étaient porteurs d’un riche imaginaire, comme le rappelle la fascination exercée à l’époque des Han par des récits faisant état de « chevaux célestes exsudant du sang ». Probables animaux psychopompes pouvant accompagner les morts dans l’au-delà, lorsqu’ils sont figurés dans les sépultures sans cavalier ou palefrenier, les chevaux sont aussi des marqueurs sociaux. S’ils font partie intégrante des loisirs et de certains rituels de la haute société, leur possession reste en effet rare en-dehors de ces cercles.

Parmi les 18 oeuvres présentées dans cette exposition, le public peut découvrir : un Cheval, dynastie des Han de l’Est (25-220), un Cheval et son cavalier, dynastie des Han de l’Ouest (206 av.-9 apr. J.-C.), un Cavalier portant une trompe « barbare », dynastie des Wei du Nord (386-534), un Joueur de flûte et un joueur de tambour, dynastie Sui (589-618), un Joueur et une joueuse de polo, dynastie Tang (618-907), « un Cheval dansant » dynastie Tang (618-907), des Cavalières musiciennes, dynastie Tang 618- 907), et une œuvre contemporaine en bronze « Emballé le cheval » (2009) de l’artiste chinois Guo Chengdong

La pièce centrale de l’exposition
La pièce centrale de cette exposition est un cheval en terre cuite de plus de 1,35 mètre de haut. Certaines sépultures essentiellement situées dans les provinces du sud-ouest de l’Empire ont livré des sculptures de chevaux de grande taille réalisées en terre cuite ou en bronze, exceptionnellement en pierre. Leur présence pourrait être liée aux croyances sur le voyage post-mortem des défunts. Ces figures se distinguent de celles des Han de l’Ouest par leur morphologie alliant un corps compact et arrondi à des jambes effilées. L’expressivité nerveuse de la tête de l’animal hennissant évoque peut-être les mythiques « chevaux divins » d’Asie Centrale évoqués par les textes anciens chinois.

Cette manifestation s’inscrit dans « l’été chinois »
L'Été chinois au Musée Cernuschi se tient du 11 juin au 29 septembre 2024 avec la présentation des créations d'André Kneib, une exposition Focus sur le thème de l'art équestre dans la Chine ancienne et un accrochage d'œuvres de peintres chinoises du XXe siècle. Des rencontres et des animations tout public, sur le thème de la Chine, seront également proposées au public tout l'été.

Cette exposition gratuite à été labellisée "Olympiade culturelle" :

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