Comme chaque automne, le musée Cernuschi propose à un artiste contemporain d’investir la salle du Bouddha. En 2026, c’est une installation de Shim Moon Seup (né en 1943), Perspective d’argile (2002), que le public pourra découvrir.

Du 20 octobre au 13 décembre 2026
Salle du Bouddha
Musée Cernuschi
7 avenue Vélasquez, 75008 Paris

Accès gratuit dans les collections permanentes

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L'artiste Shim Moon Seup dans son atelier. ©Photo: Tanguy Beurdeley. Courtesy Perrotin


Shim Moon Seup est né en 1943, à Tongyeong, en Corée. Connu en France principalement pour ses peintures produites à partir des années 2000, il est, depuis le début des années 1970, considéré en Corée comme un artiste d’avant-garde grâce à ses installations, destinées à changer la perception d’un espace autant qu’à permettre au sculpteur de collaborer avec la nature.


La carrière de Shim Moon Seup
Shim Moon-Seup, qui partage son temps entre la France et la Corée depuis 1992, est un acteur majeur de la scène artistique coréenne. Il est rapidement identifié comme tel grâce à ses premiers succès, dès la fin des années 1960, et sa participation à l’Association de l’avant-garde coréenne, qu’il intègre en 1970. Proche de Lee Ufan (né en 1936), qui lui semble pouvoir apporter un sens de la méthode à une scène artistique peu portée à la théorie, il développe, au début des années 1970, une pratique proche de celle du mono-ha japonais, dont son aîné est un des principaux penseurs. Il dispose en un lieu plusieurs matériaux les uns par rapport aux autres afin de générer une nouvelle perception de l’espace et d’établir un dialogue entre différentes matières ainsi qu’entre leur état brut ou transformé.

Cette attention portée aux matériaux amène également Shim Moon Seup à créer des œuvres bidimensionnelles, dès les années 1970, avec des toiles passées au papier de verre. Toutefois, sa principale contribution au champ des arts graphiques consiste en une abondante série de peintures sur toile et sur papier, qu’il commence à produire en 2002. L’aspect répétitif des gestes et systématique des compositions est une évocation des vagues qui ont profondément marqué la sensibilité et le rapport à la nature de Shim Moon Seup, né et élevé dans un environnement maritime.

Les installations de Shim Moon Seup
Les installations que Shim Moon Seup crée dans les années 1970 sont réalisées au moyen de matériaux simples, tels que du papier, des pierres, des tubes de métal, du fil de fer, de l’acier, du ciment ou des troncs d’arbre. L’artiste met alors en place quelques-uns des principes qui régissent ses créations jusqu’à aujourd’hui : mise en relation d’éléments divers transformant la perception de l’espace par la tension établie entre ces derniers, refus d’une sculpture comprise en premier lieu comme une recherche formelle et volonté de laisser chaque matière s’exprimer. À partir des années 1980, Shim Moon Seup étend son répertoire grâce à la création de volumes simples et géométriques en argile. Souhaitant souligner les propriétés de ce matériau, il imprime à ses plaques des courbures et des pliures, parfois jusqu’à la cassure.

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Perspective d’argile
Quelques-unes de ces sculptures en terre annoncent par leur silhouette la série Déité en bois, commencée à la fin des années 1980. Celle-ci est développée en réaction au caractère trop éloquent de l’argile. En effet, pour l’artiste, toute œuvre consiste en une interaction avec la nature. Toutefois, il juge celle-ci trop puissante pour pouvoir la laisser s’exprimer sans frein. Le rôle du sculpteur est de la modifier en douceur et de collaborer avec elle. Or, l’expressivité de la terre semble ne laisser que peu de place à l’artiste. Le positionnement de Perspective d’argile au milieu des substituts funéraires en terre cuite des époques Han (206 av. J.-C. - 220) et Tang (618-907) permet à Shim Moon Seup de rappeler l’intervention humaine qui a présidé à la réalisation de cette œuvre, mais aussi, en retour, de souligner comment les objets archéologiques sont eux aussi dotés d’une force de la matière, indépendante des mises en forme des artisans.

La confrontation avec les œuvres de Shim Moon Seup, à la fois conceptuelles, sensibles, mutiques et éloquentes, convie ainsi le public à modifier son appréhension des espaces du musée Cernuschi et à porter un nouveau regard sur ses collections.

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Installation présentée dans le cadre de la célébration du 140ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée.

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