Coupe

Anonyme

Entre -300 et -50
Terre cuite
Coupe (récipient)
H. 7.5 x D. 10.1 cm
DS Flle 3
M.C. 10787
Don fouilles, Janse, Robert Ture Olov, Mission Janse Indochine (1934-1935)

La céramique retrouvée dans les sépultures de la culture de Đông Sơn peut sembler assez fruste par rapport aux bronzes. Les formes sont variées et la qualité de la cuisson variable. L’argile employée prend une teinte allant de l’orangé au brun rouge. La paroi des vases peut être fine mais elle est le plus souvent épaisse, comme c’est le cas pour ce bol qui fait partie, avec les jarres, des formes les plus fréquentes. On trouve également des pièces plus sophistiquées, coupes ou vases, comprenant deux ou trois parties : le haut pied, et la panse au profil caréné. La céramique de Đông Sơn était façonnée à la main, peut-être à l’aide de formes en vannerie sur lesquelles on appliquait l’argile, mais le tour de potier qui permet d’obtenir des formes élancées, régulières et au profil curviligne n’était pas utilisé. Ainsi, pour obtenir un récipient à embouchure resserrée, les potiers de Đông Sơn soudaient deux demi-sphères ou deux parties tronconiques, en marquant la jonction d’un sillon ou d’un bourrelet de pâte saillant au niveau de la ligne d’arrête. L’hypothèse de l’utilisation de la technique dite de la « poterie au panier » évoquée par Janse est induite par la présence d’un décor au peigne, à la molette, par impressions de matrices ou de tissus à grosses fibres sur la surface extérieure des céramiques.
Ce bol comporte un décor au peigne et un petit pied annulaire caractéristiques de la production de Đông Sơn. Des cercles estampés au niveau de la lèvre rappellent les motifs des bronzes. Cuit à relativement haute température, il présente une pâte dense mais rugueuse dont l’importante quantité d’impuretés a engendré des fissures de cuisson. La plupart des céramiques de Đông Sơn sont d’ailleurs parvenues jusqu’à nous à l’état de tessons en raison de leur friabilité. Il est indéniable, cependant, que l’essor de la métallurgie tout au long de la seconde moitié du premier millénaire a entraîné un progrès des techniques céramiques, par l’amélioration des fours et de la préparation des terres. À partir du Ier siècle de notre ère, la société dongsonienne s’imprègnera progressivement de culture chinoise et des transferts de technologie conduiront aux proto-grès raffinés de l’époque de Giao Chỉ.

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