Cabinet portatif à ustensiles de la cérémonie du thé (tabi-chadansu 旅茶箪笥)

Entre 1603 et 1867
Bois (matériau)
Meuble
Legs : Cernuschi, Henri
M.C. 4451

Destiné à abriter et à transporter les ustensiles pour la préparation du thé vert en poudre (maccha) – comme le fouet (chasen) ou le bol à thé (chawan) –, cet objet utilitaire manufacturé, à l’incontestable valeur artistique, faisait partie du trousseau d’une princesse. Il répond aux conventions esthétiques de l’époque Edo par sa structure intérieure à deux étages, dont un divisé en deux compartiments à tiroirs, ainsi que par son style décoratif qu’enrichit la présence d’un emblème familial (jōmon) répété, ici celui de la branche Owari du puissant clan Tokugawa : une triple feuille de rose trémière dans un cercle (maruni mitsubaaoi mon).

Si le fond du cabinet est entièrement parsemé de paillettes saupoudrées selon la technique du nashiji (« fond de poire »), les motifs décoratifs tels les jeunes pins ou les bambous sont réalisés à l’aide d’autres techniques, notamment le takamaki-e qui consiste à créer le dessin par l’application d’or ou d’argent en relief. Arrivé de Chine, le thé devint au Japon l’objet d’une cérémonie rituelle (chanoyu) qui s’épanouit entre le XVe et le XVIe siècle, après avoir été apprécié dans les milieux des bushi ou samurai sous forme de compétitions de dégustation (tō-cha).

Référence(s) : Manuela Moscatiello, catalogue Chefs-d'œuvre, musée Cernuschi, éd. Paris Musées, 2018, pp. 116-17