Boîte à aliments (jūbako)

Toyosuke, Daiki, né en 1813 à Japon, décédé en 1858 à Japon

Céramique, Laque
Vaisselle et ustensile de cuisine
Toyo raku 豊楽
Don manuel : Heckenroth-Pautet, Marie-Thérèse
M.C. 2020-29

Traditionnellement utilisé au Japon pour présenter les plats du nouvel an (osechi ryōri) ou comme contenant pour transporter la nourriture (bentō) à l’occasion de pique-niques pris lors de la floraison des cerisiers (hanami), cette boîte à aliments (jūbako) est composée de trois compartiments superposés et d’un couvercle. Son décor intérieur à motifs de chrysanthèmes et de larges coulures vertes, réalisées à l’aide d’un revetement obtenu par le mélange de fer et de cuivre, est typique de la poterie de style Oribe (Oribe yaki). Cette céramique de grand feu, qui doit son nom au seigneur féodal et maître de thé Furuta Oribe (1544-1615), est produite à partir de l’époque Momoyama (1573-1603) et au cours de la période Edo, principalement dans la province de Mino, dans l’actuelle préfecture de Gifu. En revanche, le décor extérieur de la boîte, qui présente des papillons rapprochés à des motifs inspirés des sept herbes automnales (aki no nanakusa), dont des chrysanthèmes, des lespédèzes, des œillets et des herbes de la pampa, révèle l’adoption d’une technique pratiquée dans la ville de Nagoya. Ce type de procédé, connu sous le nom de kigu utsushi, se caractérise par un décor très particulier, imitant le bois laqué, réalisé à l’aide de la peinture à la laque et de la poudre d’or parsemée sur la surface de l’objet suivant la technique du maki-e. La présence du sceau de forme ovale  (« Toyoraku », qu’on peut lire également « Hōraku ») à la base de la boîte laisse supposer qu’il s’agit d’une création de Daiki Toyosuke (1813-1858), appartenant à la troisième génération de potiers de style Toyoraku.