Le fonds d’archives du musée comprend des dossiers de son fondateur, des documents sur les expositions organisées depuis 1911, sur les différentes périodes de travaux que le musée a connues ainsi que sur son activité depuis 1896, mais aussi plusieurs fonds de particuliers tels Jean Buhot (1885-1952), René Berval (1911-1986) et René Etiemble (1909-2002).

Les œuvres de la collection ayant déjà fait l’objet d’une présentation d’esprit muséal du vivant d’Henri Cernuschi, elles sont conservées en l’état par le secrétaire particulier du banquier italien, Eugène Benoît Causse (1824-1905). En 1905, après le départ en retraite de ce dernier, Henri d’Ardenne de Tizac (dir. 1905-1932) est nommé à la tête du musée. Donnant l’impulsion des premières expositions temporaires, ses liens avec les spécialistes, les collectionneurs et le monde du marché de l’art viennent en nourrir les contenus.

En 1933 le musée connaît sa première grande campagne de travaux sous la supervision de René Grousset (dir. 1933-1952) nouvellement nommé directeur. L’ancien hôtel particulier d’Henri Cernuschi est profondément rénové dans le style moderniste de l’époque, en accord avec une muséographie épurée.

Une fenêtre est ici ouverte sur les archives du musée, à travers la presse, les articles et les catalogues des premières expositions, donnant un regard suivant trois thématiques sur les débuts du musée Cernuschi de 1896 jusqu’aux années 30.

Henri Cernuschi part en juin 1871 faire un tour du monde, accompagné de son ami Théodore Duret (1838-1927). Celui-ci rédige le récit de leur voyage. Ils arrivent le 25 octobre 1871 au port de Yokohama, après être parti de Liverpool à New-York en steamer, de New-York à San Francisco par le chemin de fer et enfin de San Francisco à Yokohama à nouveau en steamer. Ils traversent l’Asie, du Japon à l’Inde, en passant par les îles de Java et de Ceylan, et terminent leur tour à Bombay, d’où ils embarquent pour l’Europe le 30 décembre 1872. C’est au Japon et en Chine qu'Henri Cernuschi acquiert les objets qui vont constituer sa collection. Ceux-ci sont envoyés au fur et à mesure en France, où le secrétaire d’Henri Cernuschi, Eugène Benoît Causse, se charge de les réceptionner.

 

Duret, Théodore, Voyage en Asie : Le Japon, la Chine, la Mongolie, Java, Ceylan, l'Inde, Paris, Michel Lévy Frères Editeurs, 1874, 367 p.

 

Carte du voyage de Henri Cernuschi en Asie
Lefebvre, Eric (dir.), Chefs-d'oeuvre, Musée Cernuschi, Paris, Paris-Musées, 2019, p. 17.
I - Le musée du temps d’Henri Cernuschi de 1873 à 1896

À son retour, alors que l’architecte William Bouwens van der Boijen (1834-1907) est chargé de lui bâtir un hôtel particulier, Henri Cernuschi présente les objets ramenés durant son périple au Palais de l’Industrie du mois d’août 1873 au 31 janvier 1874, puis 6 ans plus tard, lors de l’exposition de l’Union centrale consacrée au métal du 31 juillet au 15 novembre 1880. La mise à disposition pour un large public des objets de sa collection, reproduit pour certains dans diverses revues, influencèrent des artisans comme Emile Reiber (1826-1893) qui travailla pour la maison Christofle de 1865 à 1878, ainsi que pour le céramiste Théodore Deck (1823-1891), mais aussi des artistes tel que Gustave Moreau (1826-1898).

II - Les collections du musée (publications jusqu’en 1932)

Henri Cernuschi fit don de son hôtel particulier ainsi que de ses collections à la ville de Paris, le musée est officiellement inauguré le 26 octobre 1898. Prenant la relève après Eugène Benoît Causse, premier conservateur du musée de 1896 à 1905, Henri d’Ardenne de Tizac en devient le premier directeur jusqu’à son décès en 1932. Aussi connu sous le nom de plume de Jean Viollis, on lui doit de nombreuses publications sur l’art chinois ainsi que sur les collections du musée. Il porta l’intérêt sur l’influence de l’art scytho-sibérien sur l’art chinois et lança l’organisation d’« expositions périodiques d’art asiatique » dans les salles du musée. Sous sa direction, le musée ne connaîtra qu’une seule fermeture de 1914 à 1919, durant la première Guerre Mondiale.

 

III - Les expositions périodiques sous Henri d’Ardenne de Tizac (dir. 1905-1932)

Suite au succès d’une première exposition sur les arts de la Chine et de la Corée en 1911, à laquelle participèrent de nombreux prêteurs et le musée de Fontainebleau, Henri d’Ardenne de Tizac soumet au Conseil Municipal une proposition d’expositions annuelles sur les arts de l’Extrême-Orient, proposition que celui-ci accepte. Ces expositions, auxquelles participent généreusement de nombreux collectionneurs et marchands d’art asiatique de l’époque, sont notamment l’occasion d’attirer un large public, des artistes décorateurs ainsi que de généreux donateurs.

 

Excelsior, 1911, Archives du musée Cernuschi.

« La collection de casques guerriers portés par les princes japonais des siècles passés et que le docteur Mène expose au Musée Cernuschi pourrait inspirer les modistes d’aujourd’hui. La preuve, aussi bien, en est faite. Un casque, datant du seizième siècle, a été exécuté en velours. Nous en avons coiffé, hier, la tête mutine d’une de nos plus jolies Parisiennes et nous avons ceint ensuite ses cheveux blonds du casque qui servit de modèle. Un farouche daïmios établis un double contraste à ce charmant tableau. La petite tête féminine fut, en outre, coiffée de différents casques qui furent exécutés dans une période s’étendant du quatrième au dix-septième siècle, et qui, tous, l’agrémentèrent à merveille. Ils ne sont point fort éloignés, en somme des innovations de la mode d’aujourd’hui. »

4 novembre 1911, Archives du musée Cernuschi.

Excelsior, 8 avril 1912, Archives du musée Cernuschi.

      « Il y a, en ce moment, au musée Cernuschi, une curieuse exposition d'art chinois, jades et verreries, organisée par M. d’Ardenne de Tizac. Tous les objets de cette exposition qui forme un ensemble des plus rares et des plus curieux, ont été prêtés au musée par nos grands collectionneurs. 1. Paons (XIIIe siècle), à M. Lucien Henraux. – 2. Jardin japonais en miniature installé dans une des salles du musée par le jardinier japonais du baron Ed. de Rothschild. – 3 et 4. Poisson, à Mme Langweil ; Oiseau, à M. le comte d’Andigné ; Crapaud, à M. Bouasse-Lebel ; Canard, à M. Vignier ; Eléphant, à M. Héliot. Tous ces objets sont des jades anciens. – 5. Tigre, peinture chinoise style de Mou-Ki, appartenant à M. Victor Goloubew. »


The New York Herald, 5 mai 1912, Archives du musée Cernuschi.

« Les Jades archaïques des Collections de Mme. Langweil, du docteur Giesler, de MM. Golubew, Héliot, Bouasse-Lebel Leyer et Wannieck »

 

Exposition à l’occasion de la réouverture du musée, fermé lors de la première guerre mondiale.

Excelsior, 2 mai 1922, p. 5 Archives du musée Cernuschi.

« QUELQUES-UNS DES TYPES LES PLUS SIGNIFICATIFS RÉUNIS AU MUSÉE DE L’AVENUE VÉLASQUEZ PAR LES SOINS DU CONSERVATEUR, M. D’ARDENNE DE TIZAC.

1 Et 5. Oiseaux en porcelaine polychrome (collection de M. A. Héliot). – 2. Et 4. Chevaux en biscuit du seizième siècle (collection de la comtesse Cahen d’Anvers).  – 3. Cheval en terre cuite émaillée du septième siècle (collection du comte d’Andigné). – 6. Tête de bélier monumental en pierre du ceuxième siècle (collection de M. Loo). – 7. Dragon marchant, en bronze du deuxième siècle (collection de M. Peytel). – 8. Vase aux dragons, en cristal de roche (collection de M. Larcade). Toutes ces pièces, empruntées aux collections particulières les plus remarquables, constituent un ensemble unique. »

 

Référence bibliographique consultable en bibliothèque du musée :

Ardenne de Tizac (d’), Henri,  Les Arts de l'Asie. Les animaux dans l'Art chinois, Paris : Albert Lévy, [1922]

Il n'existe pas de catalogue d'exposition, ni de publications connues.

 

Exposition présentant des résultats de fouilles archéologiques du commandant Lartigue, du docteur  Siren, et de Léon Wannieck.

                                                 

L’Humanité, 11 mai 1924. Archives du musée Cernuschi.

 

Excelsior, 26 mai 1925, Archives du musée Cernuschi.

« De gauche à droite : Tête bouddhique-bronze, art siamois d’influence khmère, XIIme-XIVme siècles (collection Fernand Pila) ; Art Cham-pierre, VIIIme siècle (collection Bouasse-Lebel) ; Bouddha-bronze, art siamois, XIVme siècle (collection Fernand Pila) ; Tête d’ascète-pierre, art khmer, Xme siècle (collection Robert Ochsi) ; Tête bouddhique-pierre, art khmer, Xme-XIIme siècles (collection Bouasse-Lebel) »